Je réagis un peu tardivement mais à l’époque je n’avais sans doute pas le temps d’écrire. Il y a donc quelques temps de cela nous apprenions la disparition d’Iron Lore. Pour ceux qui ne les connaissaient pas c’était la boite derrière des jeux comme Titan Quest et plus récemment Warhammer 40k : Soulstorm. Cette nouvelle m’avait quelque peu secoué, car il s’agissait d’un studio de haut vol avec des productions qui tapent bien, pas des mecs qui torchaient vite fait du jeu budget sur DS.
Ce dépot de bilan m’a rappelé douloureusement que nul n’est à l’abris. Il pose aussi la question de la viabilité de l’économie traditionnelle dans le jeu vidéo car si un studio pareil peut fermer ses portes, c’est intrinsèquement grave.
Bien entendu il est difficile d’établir un constant clair, dans la mesure où nous ne voyons que la partie visible de l’affaire, on ne peut savoir s’il y a eu entourloupe quelque part ou si simplement la partie business de la boite était un peu à la ramasse. J’en doute dans la mesure où le propre des bonnes boites c’est d’être bonnes dans tous les domaines. Ma première analyse est qu’à priori ils n’ont pas trouvé preneur pour leurs nouveaux concepts et que au passage THQ leur a filé un coup de main en les mettant sur Soulstorm, ce qui expliquerait les remerciements pour cet éditeur dans le dernier message du site.
La vie d’un studio ne tient effectivement à pas grand chose dans la mesure où l’on travaille en principe pour des coûts assez bas qui sont sensés être compensé par les royalties que l’on touche pour chaque jeu par la suite. Hors c’est justement une partie du problème, en fonction des contrats on peut se retrouver facilement avec des conditions léonines. Ce n’est pas rare dans la mesure où c’est un milieu où les développeurs sont souvent jeunes et pleins de bonnes volontés ; résultat ils sont prêt à signer n’importe quoi tant qu’on leur laisse faire leur jeu. Et il n’est pas toujours facile de changer des « traditions » qui ont la peau dure.
Mais c’est en constatant que ces traditions sont la porte ouverte à une vie de développeur misérable que chacun cherche le business model qui leur permettra d’avoir un peu plus de marge de manoeuvre. Beaucoup se tournent donc vers le développement indie ou l’autoproduction, tous ces mécanismes n’ont qu’un seul but réduire la distance entre le développeur et le client final.
Nous même chez CP, nous avons notre lot de stratégie pour assurer une assise solide à la boite, pour l’instant, et ceux malgrés les ventes de Zoé Créatrice de Mode, notre santé est encore fragile. Mais on y travaille.