Gestion Matériel

Il est maintenant commun dans n’importe quelle entreprise de croiser des pièces entières remplis de PC, avec en principe des gens devant. C’est d’autant plus le cas dans le jeu vidéo où l’ordinateur reste notre principal instrument de travail, néanmoins il existe quelques différences majeures sur la gestion du parc informatique d’une société de jeu vidéo par rapport à votre agence bancaire locale.

Certaines différences peuvent paraitre évidente ; ainsi on serait choqué de voir une GeForce dernière série dans le poste de travail de son avocat alors qu’il parait logique qu’un développeur de jeux dispose de ce matériel. Dans notre univers nous avons en principe tous des machines puissantes, déjà parce que nous utilisons des outils très gourmands en ressource aussi bien du côté des programmeurs que du côté des graphistes, mais aussi avec quelques spécificités comme par exemple le fait que les programmeurs fassent tourner le jeu en mode debug pour tester les petites fonctionnalités qu’ils viennent d’insérer. Le mode debug, c’est à dire sans l’activation de l’optimiseur de code du compilateur, est notoirement plus lent que l’exécutable final remis aux joueurs, sans compter les petits affichages en plus pour assurer un débogage plus aisé qui viennent encore gréver les performances.

Au final nous sommes donc bien obligés d’avoir des machines performantes afin d’effectuer notre travail dans de bonnes conditions. Et je passe encore sur la puissance de feu nécessaire si vous faites des cinématique. Pour vous donner une idée, sur Building & Co nous disposions d’un budget ridicule pour faire les cinématiques donc exit la render farm qui tue sa race, nous avons fait avec les moyens du bord avec un graphiste qui découpait chaque cinématique en une suite de petite séquence qui étaient calculées la nuit sur l’ensemble des PCs de la société.

Cela met en évidence que le matériel est un point à ne pas négliger au niveau de la construction de votre boite, car ce dernier a une grosse influence sur la productivité. Or j’étais déjà dans une société de jeu vidéo où la gestion du matériel était aberrante avec un gus qui calculait des cinématiques avec un athlon 700 pendant que le gérant de la boite envoyait du mail sur un P4 2.4ghz flambant neuf. Je me rapelle encore de mon pétage de plomb lorsque je suis tombé sur cette machine en plein bouclage d’un jeu. C’était l’illustration parfaite du côté « vue à court terme » de certains dirigeant, et sans doute une des raisons qui m’a poussé à monter ma boite.

S’il ne faut pas faire de « mauvaises économies » concernant le matériel, il ne faut pas non plus céder à la dépense folle. J’avoue ainsi toujours rigoler jaune quand je vois des boites investir dans du matériel démonstratif juste parce qu’ils ont du cash à bruler ; imaginez vous simplement une boite où l’ensemble du personnel serait équippé de PC Alienware toutes options. Dérangeant ? Pourtant c’est du déja vu.

Mais il est connu qu’il existe des booster de productivité qui ne coûtent pas des masses d’argent et dont il serait un peu bête de se passer : par exemple un setup double écran coute une misère de nos jours et pas mal d’études ont prouvé l’impact positif de cet ajout. Ce qui m’ammène toujours à me poser des questions sur la réflexion se situant derrière les boites où les développeurs bossent sur des portables. Bon ils n’ont jamais du connaitre de vrais claviers, genre un bon keytronics des familles, en même temps si ce sont des utilisateurs de Mac on peut comprendre comment cela a pu arriver. Pour moi un portable cela reste une machine d’appoint, pas ma machine de dev principale.

Au final néanmoins il faut faire l’acquisition de tout ce matériel et là encore les sociétés de jeu vidéo se démarquent d’autres domaines plus « classique ». Si certains peuvent acheter des machines préconfigurés en batch de 500 en minimisant au maximum la divergence du matériel afin de réduire les coûts de maintenance, dans le jeu vidéo nous devons avoir au contraire une hétérogénéité maximale.

La raison est assez simple, nous développons des logiciels pour le plus grand nombre, des gens qui n’auront pas le même matériel, les mêmes logiciels d’installer. Ces gens risquent de rencontrer des problèmes d’incompatibilité du à un matériel, un logiciel. Plus un problème arrive en aval plus il coute cher, en assurant un maximum d’exotisme au niveau du matériel nous augmentons la probabilité de découvrir au plus tôt un problème, même si l’histoire récente a prouvé que le processus n’est pas à l’épreuve des balles.

Au démarrage de la boite j’assemblais les machines moi même en achetant les pièces détachés chez LDLC, puis chez Materiel.Net. Pourquoi ce changement ? Simplement que LDLC a ébranlé ma confiance avec leur période de changement d’entrepôt qui avait introduit pas mal de délais dans les commandes (de l’ordre du mois), par la suite je m’étais rendu compte de leur manque de flexibilité et finalement le nouveau site de Materiel.net a achevé de me convaincre : enfin des gens qui ont compris à quoi doit ressembler un magasin online moderne.

Il s’avère qu’à présent ma technique d’achat est en train d’évoluer une fois de plus, simplement parce que monter des PCs à partir de pièces est très consommateur de temps, et que dans ma situation le temps est une denrée précieuse. J’ai donc commencé à regarder les offres des différents constructeurs (fujitsu-siemens, HP, Dell) et j’ai déjà pu en éliminer pas mal : en l’occurence chez pas mal de ces constructeurs, ils proposent des machines à prendre ou à laisser sans espoir de configuration. A l’exception de Dell bien sur qui semble être mon favoris pour l’instant, surtout quand on voit à quel prix ils arrivent à vendre le matériel.

Néanmoins un petit coeur de geek bat encore au fond de moi, et lorsque j’ai commencé à me poser la question de monter un firewall pour balancer la charge internet sur nos deux lignes ADSL, j’ai de suite penser à monter une petite machine à base de VIA Epia avec une OpenBSD et un pf aux petits oignons.

A suivre donc…

  • http://uacari.com Pedro Guanaes

    Ha bon je peux pas monter une chaine de dev PS3 sur EEEPC :D?

  • http://www.alexandrefranke.com/ Dedalus

    Pourquoi pas plutôt un Soekris avec la même configuration logicielle pour le firewall ?

  • Alex B.

    Hum, il me semble que les liens Keytronic (http://www.keytronicems.com) et Mac sont mauvais.

    Ensuite, le confort de frappe sur un portable varie pas mal d’une marque à l’autre. Il y a très peu de claviers (même desktop) qui arrivent à la cheville d’un clavier de thinkpad (bon, depuis le rachat par Lenovo, ça s’est un peu dégradé, il est vrai …)

    Enfin, si on laisse de côté les claviers ergonomiques de kinesys à 250$/pièce, le modèle mécanique de cherry (G80-3000) est légèrement plus bruyant qu’un clavier à dôme, mais niveau confort de frappe, ça n’a rien à voir, àmha.

  • http://blog.strasslab.net Strass

    On ne dira pas « ce clavier est merdique » mais « ce clavier ne me convient pas ». La différence est un peu subtile, je sais. En l’occurrence, étant donné que je suis pas mal en déplacement (« en situation de mobilité »), ma machine principale est un portable. Depuis, j’ai du mal à tapper au clavier avec un clavier qui n’est pas « plat » comme sur un portable. En l’occurence, mon T61 m’enchante bien, y compris le clavier (même si Lenovo a un peu fait le radin sur la batterie de ma version d’il y a 1 an). Quant au double écran, les bureaux virtuels sous Linux font très bien leur office, merci pour eux.