Ce lundi 26 Mai s’est tenu à Paris une rencontre sur le Crédit d’Impôt Jeu Vidéo, alias le serpent de mer qui visiblement a été vue par les gens assemblés autour du Lac. Alors quid de ce geste fort pour attiser la flamme du développement de jeux vidéo ?
Lundi 26 Mai, Paris, j’arrive avec quelques minutes de retard à la rencontre sur le crédit d’impôt. L’exposition de la mesure bat son plein et reprends à peu de chose près les points déjà évoqués dans la presse, le texte est lisible ici. En gros, au démarrage du jeu on dépose une demande d’accord préliminaire. Le dossier du jeu est alors évalué en fonction d’une première grille à point qui bonifie le fait d’avoir les créateurs du jeu en France et/ou Europe. Une fois un minimum de point atteint on arrive sur une deuxième grille à point avec des critères culturelles. Une fois le jeu fini il faut encore valider l’accord définitif, entre temps chaque année la mesure prends effet au moment du payement de l’impot sur les sociétés.
Je pense que la presse retraitera de toute manière en long et en large les détails de la mesure, mais ce qui m’intéresse le plus ici ce sont les scénarios esquissés sous couvert de questions anodines lors de cette réunion.
Quid du cumul ?
A l’heure actuelle pas mal de sociétés de jeux vidéos se sont investis dans les dispositifs d’aide existant. La première interrogation consistait donc à savoir ce qu’il arriverait par rapport à des mesures comme les J.E.I ou le crédit d’impôt recherche. Il reste visiblement un flou artistique à ce niveau là vu que nous n’avons pas eu de réponse tranché, même si il est précisé dans le C.I.J.V que doivent être retranché de l’assiette de l’aide les subventions diverses et variés.
Quid du rapport avec les éditeurs ?
Une des principales interrogations misent sur le tapis par les éditeurs étaient de savoir de quelle façon ils allaient plus ou moins pouvoir récupérer l’argent. Certains pensaient plus à une possibilité pour le développeur de remonter dans la chaine de valeur, en mettant l’argent en question sur la table pour prendre part au risque et toucher un plus gros pourcentage du jeu, d’autres plus « intéressé » demandait si, dans la mesure où l’éditeur avance entièrement l’argent, il ne pouvait pas lui même bénéficier de la mesure en lieu et place du studio de développement. Il fut répondu par la négative, la mesure cible bien les studios de développement et uniquement eux (mais ils peuvent appartenir à un éditeur).
Certains développeurs émettent d’ailleurs déjà l’idée que l’argent sera au final capté par les éditeurs et que cela permettra juste à certains de signer des deals qu’ils n’auraient pas signés sans la mesure. On a aussi les totalement pessimistes qui voient déjà les éditeurs réclamer 20% de rabais et les salariés 20% d’augmentation ; entre le marteau et l’enclume donc. Personellement je pense qu’il faudra savoir être ferme pour que cette mesure profite à chacun car les éditeurs gagneraient à avoir des partenaires développeurs solides du genre qui ne font pas tourner la boite aux stagiaires : ça augmenterait la qualité des jeux produit en France.
Quid des effets pervers de la mesure ?
La dernière question de cette réunion fut posée par votre serviteur, elle était simple : « la mesure ne risque pas d’avoir un effet pervers de par la présence de critères culturelles et par exemple ghettoiser le développement en France dans des types de jeu couvert par la mesure au détriments des autres ? ». Sur le coup j’avais un peu l’impression d’avoir posé la question qui dérange un peu dans la mesure où tous le monde est encore dans l’expectative concernant les effets du C.I.J.V. Au final le président de l’APOM me répondit simplement que les critères culturelles étaient une exigence de la commission européenne et qu’il valait mieux un crédit d’impôt conditionné que pas de crédit du tout.
Qui vivra verra…