Lorsque vous êtes le dirigeant d’un studio de développement votre principal objectif est de vous assurer que vos gens travaillent continuellement sur des projets si possible payés par un éditeur, mais en tout cas budgetté d’une façon ou d’une autre.
En marche normal cela ne pose pas trop de problème, vous avez signé un contrat qu’on espère juteux, vous avez effectué votre plan de staffing avec le sérieux requis et votre éditeur vous paye régulièrement suite à votre livraison sans fautes des milestones. On est d’accord il s’agit d’une situation idyllique, il suffit de demander aux gens qui travaillent avec un certain éditeur lyonnais dont on ne citera pas le nom.
Mais voilà, arrive le moment où le projet tire à sa fin et d’un seul coup on se retrouve avec pas mal de gens à occuper. Enfin du moins si vous essayez de stabiliser votre personnel, pas si vous avez bidouillé pour inscrire vos programeurs à l’AGESSA. C’est à ce moment que vous découvrez les différences au niveau de l’écoulement du temps entre les éditeurs et les développeurs.
Déjà votre éditeur va souvent attendre d’avoir fini la production en cours avant de discuter avec vous d’un autre projet, et bon si dans votre petite PME la chaine de décision est suffisamment courte pour être appelé « un maillon », ce n’est pas le cas chez les éditeurs surtout quand il s’agit de multinationales avec des procédures bien établies pour valider les projets.
Et là arrive le problème, vous avez besoin d’enchainer un contrat de suite, votre éditeur lui tant qu’il n’a pas signer le contrat il n’a pas de coûts récurrents importants. Certes si un éditeur ne sort aucun jeu sur une année, ses coûts de structure risquent de peser lourd dans la balance mais il faudrait vraiment arriver à certaines extrémités.
Au final, alors que pour beaucoup le modèle du développement avec éditeur est sans risque, c’est simplement faux. Votre risque c’est le « downtime » que vous risquez d’avoir d’un projet à un autre. Or à partir du moment où vous ne répercutez pas cette précarité sur les salariés parce que vous souhaitez fidéliser leurs compétences, vous avez un problème car le temps ne s’écoule pas à la même vitesse entre chez vous et chez l’éditeur.