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Plaidoyer pour la collaboration.
Ecrit par Whirly, classé dans General. 4 commentaires.
Hier soir le Conseil Général du Bas Rhin, l’Adira, l’UIBR, la société Hager et la ville d’Obernai nous conviait à une réunion au siège d’Hager pour parler du marché des seniors et plus précisément sur comment arriver à maintenir les seniors à leur domicile le plus longtemps possible et dans la position la plus confortable. La question est vaste mais ce n’était pas exactement cela qui a motivé ce billet.
A cette soirée donc nous avons d’abord eu droit à un petit film d’entreprise. J’avoue qu’à l’annonce du film je m’attendais un peu à un message à caractère informatif vu qu’en principe c’est de la communication assez ringard. Mais là j’avoue avoir été bluffé, le film était très bien fait et donnait envie. Mention spéciale aux usines entièrement automatisées qui me font furieusement penser à Terminator. En rédigeant cette article j’ai d’ailleurs chercher sans succès cette vidéo sur le net, dommage.
La suite fut faite d’une intervention du président du CG67 qui expliqua les enjeux liés au vieillissement de la population, l’exposé fut synthétique est intéressant et constitua une bonne introduction pour la table ronde qui suivit où on nous expliqua ce qu’était ce marché et ce que chacun faisait pour adresser les problèmes qui se présentent. Le tout avec des pointes d’accent qui nous rappellent qu’on est bien en Alsace. C’était ma foi fort instructif vu qu’il s’agit d’un domaine un peu nouveau pour moi. Nous avons alors conclus par une visite du show room d’Hager sur la domotique et c’est suite à cette visite que j’avais quelques remarques à formuler.
En France la domotique n’a pas encore franchement décollé, mais à mon avis c’est quelque chose d’ineluctable au même titre qu’il nous a peut être fallu un certains temps pour voir apparaitre un téléphone façon iPhone mais maintenant personne ne songerait à retourner en arrière, ce téléphone a changé la donne. La problématique qui nous intéresse est qu’à la base, Hager est une entreprise spécialisée en électricité et qui est sans doute extrêmement pointue dans son domaine. Je dis « sans doute » car c’est l’impression que j’ai eu, mais n’étant pas électricien je me garderais bien d’avoir un avis définitif sur la question. Mais vu la taille de l’usine qui donne l’impression de faire la moitié de la ville, je me dis qu’ils n’ont pas du construire tout ça en étant des branques.
Le problème c’est qu’en domotique ils pensent encore comme des électriciens et non pas comme des gens du logiciels. Pendant la table ronde Salah l’a dit, nous rentrons dans l’air du web au carré avec l’omniprésence de périphérique interconnecté au net tout autour de nous, alors non, une télécommande incurvée cela ne me fait pas rêver. Surtout que j’ai un peu mis les pieds dans le plat en demandant si les boutons disposaient d’un affichage OLED pour permettre le changement facile des pictogrammes d’activités, ben non, c’est un plastique qu’on peut soulever pour mettre une étiquette en dessous. Leur solution de domotique est architecturé autour de l’armoire électrique, ce qui parait normal pour des électriciens mais n’est absolument pas une vision du point de vue de l’utilisateur à mon gout.
Moi j’avais des attentes, un système pointu de contrôle depuis un écran tactile, un pilotage depuis mon iPhone quand je rentre chez moi ou la possibilité à distance sur mon iPhone de voir les caméras de sécurité de mon chez moi. Et surtout je pense à toute les interconnexions possibles avec pas mal de système web existant. Pourquoi est ce que j’ai ce genre d’attente ? Parce qu’une entreprise a déjà ce système là de disponible et je l’ai vu. Certes le monde est vaste et les startups américaines sont à la pointe, oui mais là c’est une boite alsacienne qui fait ça. C’est certes dans un coin reculé du Sundgau, mais cela reste l’Alsace.
Il faut dire que cette société a été monté par un informaticien passionné, un gars à la pointe et qui a su s’adjoindre les services d’un designer talentueux. Il suffit de regarder les écrans et les vidéos du logiciel qu’ils ont créé pour comprendre qu’il y a de l’amour dans ce produit. Le logiciel tournait déjà en 2007 et je sais qu’à l’époque les gens de Calaos avait rencontré ceux de Hager, sans que cela aille plus loin. Et là je me dis qu’il y quand même du gachis.
Du côté de Calaos ils pourraient apporter leur connaissance du monde logiciel, quand à Hager leur expertise du matériel électrique et de l’aspect plus bas niveau serait un réel plus pour faire progresser le logiciel. Ils pourraient sans doute tous s’accorder sur le business sans que forcément l’un bouffe l’autre. Au final cela permettrait de décupler la valeur ajoutée de l’ensemble et d’enfoncer la concurrence. L’alliance Alsacienne de la Domotique qui tape quoi…
Un exemple de différence de culture a bien été mis en exergue quand Thierry Michel d’Xtensive a demandé au responsable d’Hager si la reconnaissance vocale était prévu sur leur produit. Ce dernier a répondu que non, mais que leur système était fait pour s’interconnecter avec des télécommandes et que s’il avait une télécommande commandé vocalement ils pourraient sans doute l’interfacer avec leur produit domotique. Air interloqué de Thierry qui répondit que lui pensait plutôt à un scénario ou la personne rentre chez elle et interroge à voix haute l’ordinateur de la maison. Scénario que Calaos essayait de mettre en place, sans succès car ils manquaient de technologie. Sur ce coup là je me suis dit qu’il était temps de mettre au moins ces deux là en relation pour rajouter une couche au milles feuilles d’innovation qui fait les bons produits novateurs.
Je pense d’ailleurs que c’est cette capacité à jouer les entremetteurs, à rendre la technologie accessible, à amener de l’innovation qui sera LA valeur ajoutée de la future Cantine à Strasbourg. A nous de faire ce qu’il faut pour que cela marche.
PS: à Obernai on mange très bien.
4 commentaires
2 yannski
@Raphael d’après moi, il est extrêmement difficile de changer une grosse boîte de l’intérieur. Ca n’est d’ailleurs pas sa vocation. Les startups doivent vivrent leur vie, venir au cpplex, se développer, gagner de l’argent, changer le monde.
Ecrit le 20 janvier 2010 à 11:22
3 jgp
Je suis plutot d’accord avec Raphael… d’ailleurs « ailleurs » ca marche souvent comme ça… enfin… je n’ai pas la vue du 5eme etage, je ne connais pas le monde!
Ecrit le 21 janvier 2010 à 1:04
4 yannski
@jgp le scénario que j’ai pu voir se reproduire le plus souvent est le suivant :
1. des gens ont une super idée, il monte une startup
2. la startup grandit bien
3. une grosse boîte rachète la startup (et l’équipe)
Le scénario où des gens montent une startup dans une grande entreprise, ça se traduit souvent en spinoff (et on revient alors dans le scénario précédent).
Mais je reste attentif aux grandes boîtes qui ont des cellules d’innovation capable de donner des startups. Ca doit exister.
@Raphael Mais ça rejoint une autre question. Qu’est-ce qui fait avancer les fondateurs d’une startup ? D’après moi c’est l’envier d’entreprendre qui est supérieur au risque d’entreprendre. Donc, monter une startup dans une grande boîte, ie, prendre un risque avec un salaire d’une grande boîte, me semble être compliqué.
Ecrit le 21 janvier 2010 à 12:43













1 Raphael
Merci pour l’article,j’espere egalement que la cantine sera fréquenté par de grandes entreprises, je pensais un moment à l’implantation de start up au sein de grandes boites pour justement créer une « dynamique »
Ecrit le 20 janvier 2010 à 10:58