Une privatisation de trop ?

Hier, à l’heure où la campagne ne blanchit plus depuis un certain temps, j’ai décidé d’apporter mon soutien au référendum d’initiative populaire sur la privatisation du groupe Aéroport de Paris. J’avais posté innocemment l’image de la validation de mon soutien sur Facebook, et de suite j’ai eu un commentaire affichant une certaine incompréhension de ma démarche ; mais voyons Stéphane, tu n’es pas censé être un libéral et donc pour la privatisation ? Libéral je le suis, mais il y a pas mal de choses qui me font tiquer sur ce dossier.

1. Est ce que c’est toujours des véliplanchistes à la manoeuvre ?

La dernière entreprise que l’état avait privatisée, si vous vous souvenez, ce sont nos belles autoroutes. A l’époque sous l’impulsion de Dominique de Villepin, il avait été décidé de vendre les sociétés d’autoroutes pour la somme de 14,8 milliards d’euros, dans le but avoué de « réduire la dette de l’état ». Argument qui était un espèce de non-sens : la France empruntait à 5% et les revenus de cet actif était supérieur à ce que la dette générait en surcout de paiement d’intérêts.

Mais ce dossier est vite devenu intenable quand la cour des comptes vint nous expliquer qu’en fait la valeur du bien était plutôt de 24 milliards que de 14. Depuis les sociétés d’autoroutes versent de très beaux dividendes à leurs actionnaires, vu que le privé a fait ce que le public ne voulait pas faire : remplacer les caissiers par de l’automatisation.

Nous pouvons donc nous accorder à dire que l’état, en l’état, n’a pas su vendre correctement l’actif. Donc qu’est ce que nous avons comme garanties que ce coup-ci, ça sera bien ?

2. Pourquoi ADP en particulier ?

L’état dispose de nombreuses participations, or pourquoi vendre celle ci ? Une infrastructure critique, un patrimoine immobilier énorme, deux bonnes raisons de conserver cet actif.

Je suis libéral, mais un libéral qui pense que l’état doit garder la maitrise des infrastructures critiques où il serait débile de construire une infrastructure concurrente. Par exemple que cela soit pour le fibrage du pays, le réseau électrique ou les routes, je pense que l’état doit garder la main mise parce que c’est stratégique et que cela permet de pratiquer la mission d’aménagement du territoire dévolue à l’état.

A côté de ça, l’état conserve des participations dans des groupes qui font des biens de consommation genre des voitures, on se demande pourquoi. Ca pour le coup si vous me demandez, ça se privatise.

Donc pourquoi ADP en particulier ?

3. Pour quoi faire ?

Là j’avoue que c’est la question où la communication gouvernementale a été pour le moins plutôt mauvaise. On a commencé par expliquer que c’était pour désendetter puis pour monter un fond pour l’innovation avec les intérêts de la somme. On parle de 10 milliards qui génèreraient 250 millions d’euros par an. Pourquoi pas, mais j’attends un projet beaucoup plus clair que ça. Le fond, pour faire quoi ? On prête à qui ? Sous quelle forme ? Et pour un actif qui actuellement rapporte 170 millions d’euros, on se demande bien pourquoi.

Si le plan est aussi avancé que cela, cela ne devrait pas être problématique de le présenter. Mais le gouvernement a plutôt tendance à nous parler comme si on était des enfants et qu’il décide à notre place pour notre bien sans que l’on ait le droit de questionner les choix qui sont fait. Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me gave.

Après il y a même le montage qui est bizarre avec des notions de compensation des actionnaires actuels, bref, ça ressemble à l’atterissage sur Klendathu.

Conclusion temporaire.

Donc voilà en quelques mots pourquoi je pense que nous devons avoir ce référendum, pour que le gouvernement fasse l’effort de nous présenter un dossier travailler, en nous apportant les garanties que cela ne sera pas le même fiasco que pour les autoroutes.

Je n’ai pas encore d’opinion tranchée en cas de référendum pour savoir si je vote pour ou contre, mais le côté infrastructure m’inciterait plutôt à pencher sur le non.

Mais la balle sera alors dans le camp du gouvernement pour sortir un projet étayé et abouti, ce qui n’est pas le cas actuellement. Enfin, si on arrive à rassembler les 4 millions de signatures via un site fait par la SSII pourrave du coin.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *