Réflexion sur la charge virale.

Hopital de campagne

Vous connaissez déjà l’histoire.

L’histoire a commencé à la fin de l’année dernière quand un nouveau virus est apparu en Chine. On avait un peu l’habitude ces derniers temps avec le SRAS et autres Grippe H1N1 et la petite voix rassurante dans ma tête me disait que cela ferait le même genre de flop, une petite frayeur qui serait rapidement endiguée et qui au final n’aurait été qu’une peur de plateau télévisé de chaine d’informations en continue.

Mais mon cerveau rationnel me rappelait qu’on ne savait pas encore grand chose et que tout était possible, y compris une pandémie. Et finalement c’est ce qui est en train de se produire. Je ne reviendrai pas sur les caractéristiques de la bestiole, elle commence à être abondamment décrite même si cela évolue au fil de l’avancée de nos connaissances sur le sujet.

Maintenant la question est plutôt qu’est ce que l’on fait. Comment on agit au mieux ? Comment on arrive à se comporter différemment que les mecs qui ont visiblement vu le film en coréen sous titré japonais pour en conclure qu’il fallait dévaliser le rayon papier toilette de l’hypermarché le plus proche.

Je pense que je suis comme vous, chaque jour le rationnel et l’irrationnel se batte dans ma tête, au grès des annonces qui favorisent l’un ou l’autre camp. Pour l’irrationnel ça va encore, je n’en suis pas encore à croire au remède miracle et à me plonger la tête dans la cocaïne parce que twitter a annoncé que c’était un remède.

En parlant de remède, quand tout cela sera fini, il faudra quand même s’occuper un peu des gens qui se sont dit que c’était la bonne occasion de vendre des huiles essentielles qui « protègent des virus » ou alors des mecs qui en profitent pour glisser leur petite arnaque de dropshipping à vendre des masques de carnaval qui « protège du virus ». Il y aura peut être une paire de types qu’il faudra raser à la libération de la quarantaine.

La réalité crue c’est que le seul obstacle au dérapage et à un bilan lourd ce sont des gestes simples, que chacun fasse attention. Se laver les mains fréquemment, éternuer dans son coude, cela parait tellement basique mais pour l’instant c’est le seul moyen de faire baisser le R0 de la bestiole.

Oui le R0, parce que nous sommes tous devenus des experts en virologie à force d’absorber tout un tas d’explication. R0, Comorbidité, tous ces mots dont on se serait sans doute bien passé de savoir ce qu’ils veulent dire. On était pas sur de vouloir une formation en résilience, nous sommes passés de suite au stage pratique.

Face à tout cela, les autorités font ce qu’elles peuvent, parce que la démocratie libérale ce n’est pas encore un truc qui colle des drones derrières ses citoyens pour les surveiller. Je ne sais pas si globalement leur niveau d’information est bien meilleur que le nôtre dans la société de l’information, mais eux doivent prendre des décisions, décisions pour lesquelles ils seront vertement critiqués. Imaginez comment à l’époque on s’était moqué de Roselyne Bachelot alors que si la grippe H1N1 avait dérapé comme ce COVID-19, elle aurait été une héroïne et pas une retraité de la politique ayant évité l’aller simple pour la roche Tarpéïenne.

Mais du coup on en est à critiqué tout, les allocations du président, le fait d’aller voter ce dimanche où l’on sent les calculs politiques de certains, le manque de masque, de gel hydroalcoolique, tout est bon pour fustiger le gouvernement, surtout si vous ne l’aimiez déjà pas avant.

Décisionnaire je le suis aussi à mon niveau, à la direction de mon entreprise et ce n’est pas spécialement évident non plus. J’ai déjà laissé une entreprise mortellement blessé par la crise de 2008 sur le carreau et par moment cette histoire de COVID-19 sent la mauvaise rediffusion. Pour l’instant cela va, nous sommes déjà taillés par défaut pour le télétravail qui est en mode open bar chez nous depuis une paire d’années. Mais je sais aussi que nous sommes en bout de chaine et que la vague n’est pas encore arrivée jusqu’à nous, et peut être qu’elle n’arrivera pas. En attendant je fais tout pour sécuriser en premier la santé de mes salariés puis l’avenir économique de tous ces gens.

Tout le monde est sous tension et chaque petite chose risque de déclencher des réactions. J’avoue que quand je vois un gus tousser sans essayer de bloquer les maudites gouttelettes j’ai une voix gutturale à la Kratos qui a envie de s’exprimer, qui a envie de hurler. Et pourtant parfois je ne suis pas mieux. Mais l’enfer c’est toujours les autres.

On a cette désagréable sensation de participer à une loterie de merde où gagner signifie mourir et si vous avez quelques faiblesses on vous offre plusieurs bulletins de jeu. Et personne ne sait quand le tirage a lieu.

Et pourtant la lueur d’espoir existe quand même, parce qu’avec le taux de mortalité du COVID-19, il ne provoquera pas notre perte et que pour l’instant il s’apparente effectivement plus à un stage de résilience. Il a ainsi révélé les besoins en matière de coopération sur ces questions et de transparence au niveau des systèmes de santé des différents pays. Et on voit partout l’information circuler afin de bâtir une réponse globale à ce virus.

Ces circonstances révèlent le meilleur comme le pire chez l’humain et l’abnégation en première ligne de nos personnels de santé, qui sont toujours là même si du coup ils ont le droit à des tickets de loterie en plus. C’est glaçant, c’est admirable.

Au final je n’ai qu’une seule certitude, l’humanité se relèvera de cette tragédie sans coupable, la question sera de connaitre la taille des ecchymoses que l’on aura sur le corps et sur l’âme.

En attendant, prenez soin de vous, prenez soin des autres.

ET LAVEZ VOUS LES MAINS BORDEL !

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