C’était…

C’était quelqu’un de discret, le type qui ne fait pas trop parler de lui. C’était quelqu’un avec le coeur sur la main, toujours prêt à aider son prochain. C’était le type même qui ne souhaitait de mal à personne et se contentait de ce qu’il avait. C’était le gars qui cultivait son jardin secret et qui n’était pas expansif, et pourtant je n’ai jamais douté de son amour.

Ce n’était pas un chanteur, un acteur, ou un mec connu. Il n’y aura pas de commémoration à la télévision, de ministre de la culture pour nous expliquer de quelle grande perte il s’agit. Mes amis ne noieront pas mon flux facebook sous des torrents de clip youtube.

Et pourtant il m’a appris tant de choses qu’il me serait impossible de toutes les citer ici. Mais si je ne devais en citer qu’une, je dirai que c’est lui qui m’a appris la valeur du travail, la dignité à ramener à la maison le fruit de son labeur pour nourrir sa famille.

Il avait eu sa période difficile pendant les années 90, quand les mutations de l’industrie broyaient la Lorraine, se faisant licencier à de multiples reprises par des entreprises en difficultés. Il avait plus de 50 ans et pourtant refusait ce que les autres décrivaient comme inéluctable. A chaque fois il a retrouvé du travail.

Vous ne connaissez sans doute pas la personne dont je vous parle mais je pense que le monde serait mieux avec plus de gens comme lui. C’était Albert Becker, il s’est éteint ce mardi 26 janvier, c’était mon père.

A partir d’ici.

Je ne regarde pas le journal à la télévision. J’ai déjà déterminé depuis un certains temps que la peur que diffuse nos médias au quotidien n’est pas bonne pour mon état d’esprit, alors je m’en dispense. Mais même en étant sur mon île, les réseaux sociaux remontent ces images horribles de réfugiées.

Lire la suite